Extrait du livre « l’âme du monde » de Frédéric Lenoir

Un sage prit la parole et dit : « si nos pensées sont puissantes, nos paroles le sont aussi. Elles peuvent produire des dégâts et des miracles. Une seule parole peut anéantir une vie, comme lui redonner du sens. La puissance du verbe est telle que des hommes le dominer peuvent entraîner des foule à leur suite, soulever des peuples entiers, bouleverser ou asservir des âmes. Apprenez ô enfants des hommes à maitriser vos paroles. Pensez aux conséquences de vos propos »

Un homme rend visite à un vieux sage (en l’occurrence Socrate, mais il a demandé à Frédéric se garder l’anonymat) :

-Maître, je dois te raconter comment se conduit ton disciple

-Je t’arrête tout de suite! Interrompt le sage. As-tu passé ce que tu veux me dire à travers les trois tamis?

-Trois tamis ? Dit l’homme étonné (tu m’étonnes, il vient raconter un potin et il lui parle de cuisine!)

-Tes propos doivent passer par les trois tamis (ahhh!). Le premier est celui de la vérité. As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai ?

-Non je l’a entendu dire et…

-Bon. alors tu as certainement fait passer tes propos à travers le deuxième tamis, celui de la bonté. Si ce n’est pas tout à fait vrai, ce que tu veux me dire est sans aucun doute quelque chose de bon?

-Non, bien au contraire

-Hum… passons tes propos au troisième tamis: est ce que ce que tu as à me dire est utile?

-Utile… pas vraiment

-Eh bien conclut le vieux sage en souriant, si ce que tu as à me dire n’est ni vrai, ni bon, ni utile, je préfère ne pas l’entendre. Et quant à toi, je te conseille de l’oublier


 

Alors? Vous voyez de quoi je veux parler ? Pas évident hein! On est formaté aux potins, surtout nous les filles! Mais bon avec le temps je suis sûre qu’on peut y arriver. Je me suis également rendue compte de quelque chose d’important ces derniers jours : parler sur les fesses des autres est nuisible à notre santé ! On sait que tout se sait en plus un jour alors à quoi bon ?

Pensez à un moment où vous avez parlé de ce quelque chose à propos de telle personne à telle personne (déjà rien qu’à l’écrire ça sent la merde). Allons plus loin : vous pensez vous libérer de ce quelque chose en informant l’autre personne qui, à la base, n’est pas du tout concernée par le sujet. Soit. N’y a-t-il pas un problème de destinataire?

« Ah mais je ne pourrais jamais lui en parler !!! » Mais  bien sûr.. Que venez vous de faire à la copine? En parler. Cela règle-t-il la situation de fond ? Je ne pense pas.

Il y aurait sûrement un quatrième tamis, le tamis du « est ce que je tiens à cette personne? » Parce que bon, on n’est pas des anges après tout, hein, ce petit diablotin en nous des fois brûle d’envies de déverser quelques petites gouttes de venin.. Ne lui en voulons pas! De temps en temps, on ne se refuse pas quelques petites saletés entre copines autour d’un verre de rosé où de punch, selon l’humeur. Si on n’apprécie pas la personne … Passe encore, mais vous êtes sur un terrain sensible là hein, mine de rien c’est du venin qui sort de votre bouche alors à consommer avec beaucoup de modération, en cas de survie uniquement!

Mais si on aime cette personne là? Qu’est ce qui nous empêche d’aller lui dire ce qu’on a à dire plutôt que d’aller ameuter tout le quartier ? Rien, si ce n’est nos barrières mentales. Ne serait-ce pas plus bénéfique d’en parler directement à la personne visée et d’avoir une discussion constructive? Disons la vérité à nos proches, celle qui leur est bénéfique et utile. Si cela ne l’est pas, ne nous encombrons pas avec ces pensées-là, jeter les dans la poubelle de l’univers, transformer le non en amour en amour c’est son affaire !

<3

Les trois tamis de Socrate

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